La progression… invisible ?

Depuis quelques mois, j’assiste de temps en temps à des périodes de progression comme invisibles chez mon petit bonhomme de 3 ans passés. La dernière remonte à la fois où j’ai découvert qu’il reconnaissait la plupart des lettres cursives par leurs sons après plusieurs semaines passées sans contact avec elles suite à quelques présentations où le parallèle avec les majuscules bâtons ne semblaient pas vouloir s’effectuer à ce moment-là dans sa tête.

Petite précision : dans ma manière de procéder à l’IEF pour mes enfants (j’emploie le pluriel même si pour l’instant seul mon fils aîné est concerné), je ne force rien car j’ai choisi de partir essentiellement de leurs d’intérêts pour introduire les connaissances, ce que je complète en introduisant de nouveaux sujets qu’ils sont libres d’approfondir ou non.

Maintenant, revenons à nos moutons. Depuis plusieurs semaines Jules articule ses journées autour de 3 activités principales:

  • Le dessin : il dessine inlassablement des camions transporteurs de voitures sur lesquels se glisse de temps en temps un camion de pompiers ou un autre véhicule mais la base reste TOUJOURS la même. Il fait de plus en plus attention aux détails qu’il apporte à ses créations, donc dans ce domaine la progression est visible.
  • Le coloriage : il a reçu son premier album de coloriage il y a 7 mois et depuis 3 ou 4 mois, cette activité le passionne. Du coup ses progrès sont une fois encore bien visibles.
  • Les Plus Plus : les successions anarchiques ont laissé la place à des constructions plus élaborées, plus réfléchies comme des garages, des circuits ou des camions transporteurs de voitures (encore eux^^). Et encore une fois, cette évolution s’est faite sous mes yeux.

Vu qu’il passe le plus clair de son temps à s’adonner à ses activités chouchous du moment, il avait totalement délaissé les précédentes c’est à dire les chiffres et les lettres.

Hier, Jules s’est agacé car il n’arrivait pas retrouver un livre : L’imagier de Balthazar.  Avec un peu d’aide de ma part, il a fini par remettre la main dessus tout content. On le feuillette ensemble, on joue un moment à épeler les lettres sous les illustrations par leur son et ça s’est arrêté là. Il m’a semblé que s’il n’avait pas progressé en lecture, il n’avait pas régressé non plus. J’étais rassurée.

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Un peu plus tard, il m’a demandé quels sons j’entendais dans le mot « chocolat ». Je lui ai répondu que j’entendais le « ch », le « o » et je lui ai demandé ce qu’il entendait lui aussi. Jusqu’à présent quand je lui demandais ça, à part pour le premier son, il répondait systématiquement par un son qui n’était pas présent dans le mot, au pif quoi. Et là, il me répond « llll », je valide sa réponse d’un sourire et d’un hochement de tête avant de lui demander les autres sons audibles dans ce mot, il me répond « cccc ». Nouvelle bonne réponse. Il a cité aussi le son a. J’étais bluffée.

Je rappelle que les lettres, leurs sons et toute activité en rapport avec elles avaient disparu de notre quotidien depuis plusieurs semaines (autour de 6 si ma mémoire est bonne). On a joué à ce petit jeu-là avec 5 ou 6 autres mots et les quelques erreurs que Jules a commises se sont produites sur les bouts de mots qu’il ne prononce pas encore bien. Par exemple, on a décortiqué le mot « valise »: il a butté sur le v car il prononce souvent ce mot « balise ». Il doit se concentrer pour le prononcer correctement.

Ce matin, Jules m’a demandé son alphabet cursif mobile et des cartes de nomenclatures (que vous pouvez récupérer ici si ça vous dit). Il en a pris 2 ou 3 et a entrepris de coder les sons entendus en nommant les images. Il a notamment pris la carte représentant un piano : il a d’abord identifié le p, puis le n avant de sélectionner les voyelles. Il a réitéré avec une autre carte, bus, en commençant là encore par les consonnes. Ensuite Joséphine a commencé à lui piquer des lettres. Sentant le conflit arriver, j’ai préféré orienter les enfants vers une autre activité, le dessin, afin que Jules reste sur une impression positive et agréable de ses retrouvailles avec les lettres et leurs sons. De cette manière, même si j’ai expliqué à Joséphine qu’elle devait laisser son frère faire ses affaires, elle ne s’est pas non plus sentie rejetée…

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Les 3 paragraphes précédents illustrent ce que j’entends par progression « invisible » : un enfant qui délaisse totalement une notion et qui y revient un beau matin (sans aucune sollicitation extérieure) en montrant des progrès notables acquis sans aucune stimulation, aucune démonstration, donc acquis on ignore totalement comment. Si vous le constatez chez vous aussi, je serais ravie que vous me racontiez vos anecdotes à propos des progressions « invisibles » de vos enfants. 🙂

1 réflexion sur « La progression… invisible ? »

  1. Chez les enfants, je ne sais pas mais ça fait beaucoup écho à quand j’étais sportive. Souvent, pendant un cours de pole dance, notre prof nous montrais une nouvelle figure que je n’arrivais que rarement à faire car très technique. Et un nombre incalculable de fois, quand je reessayais quelques semaines plus tard je m’en approchais beaucoup plus, sans jamais avoir travaillé cette figure entre temps. Comme si mon cerveau et mon corps avaient besoin de temps pour comprendre une nouvelle notion et pouvoir la travailler « vraiment » ensuite.

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