Gain d’autonomie et perte de temps

Et si j’enfonçais une porte grande ouverte en guise d’intro ? Allez, je le fais : le temps passe vite. Je vous avais prévenus que la porte allait être graaaaande ouverte ! Il n’empêche que depuis que je suis maman, j’ai tous les jours en face des yeux deux éléments qui rendent tangible ce fichu temps qui passe sans me laisser aucune prise sur lui : mes enfants. Tous les jours, ils évoluent, font 3 pas en avant dans un domaine et 2 pas en arrière dans un autre. Leur évolution bien que sinusoïdale témoigne bien d’une chose : ils tendent vers toujours plus d’autonomie. Et parfois, en gagner un peu plus leur demande du temps. Beaucoup de temps. Parfois même à des moments où je n’ai pas le temps de leur en laisser. Dans ces cas-là, je suis tentée de couper court à leurs tentatives pour faire à leur place et il m’arrive de le faire réellement. Je fais alors face à une levée de boucliers très bruyante et virulente, vous pouvez me croire !

Gain d’autonomie

Ce serait cool si les enfants savaient manger seuls (avec l’option Tout propre, merci), mettre leurs chaussures et se laver seuls au moment où nous estimons qu’ils doivent être en mesure de le faire de manière nette et sans bavure. Oui mais voilà, ces gestes du quotidien nécessitent une phase d’apprentissage qui voit alterner moments de progression avec moments de stagnation voire de régression. Et je trouve ça parfois déstabilisant : Jules sait manger tout seul depuis belle lurette, alors pourquoi est ce qu’il veut que ce soit moi qui lui donne ? Joséphine parvenait bien à s’endormir seule avant qu’on parte en vacances, alors pourquoi faut-il que je la berce à nouveau aujourd’hui ? Mon premier réflexe est de m’inquiéter, de me demander combien de temps cette « mascarade » va durer. Puis au bout d’un moment (plus ou moins long), j’arrive à me poser, réfléchir et constater qu’en parallèle Jules est en train de faire de gros progrès dans le langage et que Joséphine privilégie de manger avec une fourchette ou une cuillère plutôt qu’avec les doigts et ce relativement proprement.

 

Perte de temps

Ce fichu temps passe vite et quoiqu’il nous arrive dans la vie, une journée dure toujours 24 heures. Entre les activités quotidiennes obligatoires, une vie sociale, notre couple, peut-être un peu de sport et du temps qualitatif uniquement consacré au partage avec les enfants, il reste peu de temps pour soi au final. Et voilà qu’un beau jour, le bébé à peu près docile a décidé qu’il enfilera ses chaussures tout seul ou boutonnera son gilet quitte à y consacrer 20 minutes en se tapant royalement de notre course quotidienne contre la montre. Et nous voilà tiraillé entre les craintes vis à vis des possibles répercutions de notre retard, l’envie de lui enfiler ses chaussures histoire d’en finir et celle de laisser notre enfant aller jusqu’au bout de sa tentative coûte que coûte. Dans tous les cas on se retrouve avec un peu de stress, autant l’admettre, et la sensation probable de perdre un temps très précieux.

Investir dans le temps : une histoire d’organisation

Si le temps est si précieux à nos yeux alors autant essayer de bien l’investir, non? Je vais prendre un cas concret. Ces derniers temps, Jules veut se laver tout seul de A à Z et laissez-moi vous dire que c’est long, très long. En moyenne 25 minutes contre 5 quand c’est moi qui le lave. Une perte de temps à première vue, un investissement à mes yeux. Cet investissement m’a demandé de revoir mon organisation quotidienne : avant, comme c’était moi qui lavait mon fils, je restais avec lui tout ce temps. Aujourd’hui, je lance le top départ pour la douche 20 minutes plus tôt et au lieu de rester tout ce temps à lorgner derrière le rideau de douche à me demander si cette douche va durer encore longtemps, je me lance dans une autre activité en parallèle pour justement ne pas perdre de temps de mon côté et laisser à mon fils le temps nécessaire pour apprendre à se laver seul de plus en plus efficacement.

M’organiser pour permettre à mes enfants de gagner en autonomie n’est pas toujours évident mais quand j’y parviens, je constate que tout le monde y gagne : les enfants en autonomie de manière sereine sans que je les presse et moi… En temps ! Oui je crois vraiment que laisser le temps aux enfants permet d’en gagner au bout du compte car :

  • Faire à leur place quand ils ont envie d’essayer nuit à leur confiance en eux, est énergivore et chronophage
  • Les presser est contre-productif car c’est un coup à ce qu’ils perdent leurs moyens et nous, notre patience (mauvais moment = temps perdu pour tous). De plus, les jeunes enfants n’ont pas les aptitudes nécessaires pour se repérer dans le temps et encore moins le quantifier.
  • Le temps qu’ils consacrent à leurs essais en représente autant pendant lequel on peut faire autre chose

Aussi prolifique que soit cette forme de capitalisation sur le temps consacré à l’autonomie des mes enfants, elle me demande tout de même quelques contreparties pour que parents et enfants en profitent équitablement :

  • Mon activité parallèle peut être interrompue facilement à tout moment (ex : je privilégie de couper les légumes pendant que Jules se douche au lieu de mettre du vernis sur les ongles des mains et je vide le lave-vaisselle pendant que Joséphine mange son yaourt)
  • Quand j’ai un impératif horaire, je prévois au moins 20 minutes d’avance pour laisser aux enfants le temps de se préparer ou au moins essayer seuls
  • Leur autonomie à table nécessite souvent un bon coup de propre en fin, voire en cours de repas mais ils participent volontiers à cet effort qui devient parfois un vrai travail d’équipe (Joséphine étale essuie la compote avec une lingette, Jules passe minutieusement l’éponge sur la table avant de passer l’aspirateur par terre et moi je peaufine). Oui, chez nous, les repas sont souvent longs… 🙂

Et quand j’ai vraiment besoin de les interrompre dans leurs apprentissages ?

Quand leurs essais sont vraiment trop longs au point de me mettre dans le rouge quant à mes impératifs (ou qu’ils sont sur le point de se décourager) j’utilise 2 outils :

  • La participation : on se partage les étapes. Par exemple : Joséphine enfile ses chaussures et je les ferme ; je savonne Jules et il se rince.
  • Le minuteur : j’explique aux enfants que je leur laisse encore un peu de temps pour essayer et que lorsque le minuteur sonne, je prends le relai pour cette fois. En général je leur laisse 1 minute de plus.

Et chez vous, comment se gèrent les conquêtes de vos enfants ? Racontez-moi ! 🙂

 

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