Minimalisme et désordre

Je suis minimaliste et pourtant il y a parfois souvent du désordre chez moi. Ces deux phrases vous semblent contradictoires ? Je comprends, moi aussi je pensais que réduire mes possessions allait m’ôter tout besoin de ranger et que mon chez moi allait faire de l’ombre à un intérieur très inspirant de magazine. Mais dans les faits, voici ce que j’ai constaté depuis que je chemine dans le minimalisme.

1. Devenir minimaliste a simplifié mon intendance

Ce bénéfice là apporté par ma nouvelle façon de vivre est considérable. Je me suis délestée d’au moins 60 % de mes affaires ! Je pense que je dois avoisiner ce pourcentage bien qu’il est possible qu’il soit plus élevé encore. J’ai du mal à être précise car à présent j’ai très peu de souvenir de ce dont je me suis séparée : c’est dire à quel point j’y tenais… Bref.

En matière d’entretien des dites affaires, de celui de leur support (qui sous-entendait de les déplacer pour nettoyer dessous avant de les replacer) et de rangement au quotidien, j’ai diminué de 60 % le temps que je passais perdais à m’occuper de tout ça. J’estime avoir dû gagner entre 30 et 45 minutes par jour en tout.

Je vais vous donner un exemple concret : les jouets de mes enfants. « Avant », il me fallait au moins 30 minutes pour tous les ranger le soir. Aujourd’hui, entre le salon et leurs chambres cette activité occupe seulement 7 minutes de mon temps par jour.

Ce temps ainsi « économisé » est dorénavant mis à profit pour des activités nettement plus sympas comme jouer avec mes enfants, m’occuper de moi ou consacrer toute mon attention à une conversation avec mon mari sans faire autre chose en même temps.

2. Un foyer qui respire et vivant

J’ai deux enfants en bas âge (2,5 ans et bientôt 1 an) qui jouent avec leurs jouets et des « trésors » qu’ils dénichent ci et là chez nous comme le carton d’emballage des couches qui se transforme en parking pour les petites voitures, en avion, en tunnel et j’en passe ou une bouteille de lait vide (et rincée) qui sert à s’entraîner à visser/dévisser ou dans laquelle on tente d’introduire tout et n’importe quoi. Euh… Je m’égare là, non ? Bref, j’ai deux jeunes enfants qui me rappellent chaque jour que je vis dans la « vraie » vie et pas sur une photo trouvée sur Pinterest.

L’avantage quand on possède peu c’est que lorsque les enfants sortent « tout » et bien le « tout » en question représente peu de manière effective et il est plus simple pour mon mari et moi de les laisser aller jusqu’au bout de leurs idées car on sait qu’une fois l’expérience/le jeu achevé(e) le rangement est simple et rapide.

C’est pour ça que chez nous il y a du désordre tous les jours et tout le monde y gagne car notre quotidien est devenu plus qualitatif. On range tout chaque soir non plus pour coller aux photos de magazines ou parce que sinon « demain ce sera pire » mais pour offrir à notre famille un terrain de jeu ou tout est possible (ou presque) chaque matin.

3. Les enfants mais pas seulement

Je le confesse, avant de devenir minimaliste non seulement je possédais beaucoup trop mais j’étais aussi très désordonnée et grande adepte de la procrastination. Quant à mon mari, il a toujours fait preuve d’autodiscipline  pour ces choses-là. Encore que, depuis qu’on est devenus minimalistes je m’aperçois qu’il laisse traîner des choses lui-aussi mais je ne le voyais pas avant car le désordre que je générais représentait 3 fois le sien…

Aujourd’hui, vu qu’on possède moins on a moins de choses à laisser traîner : CQFD. Néanmoins, nous ne rangeons pas systématiquement chaque objet que nous utilisons ce qui génère un peu de désordre : CQFD bis.

La différence entre « avant » et maintenant c’est que comme nos surfaces sont plus dégagées et les espaces moins remplis, un objet non rangé est tout de suite repéré et sa place facile d’accès.

Et nous continuons de procrastiner de bon cœur quant au rangement de nos affaires car nous sommes soulagés de pouvoir nous dire que ce rangement occupe à présent un temps infime de notre quotidien là où il nous monopolisait plusieurs heures par semaines auparavant entre trouver de la motivation pour ranger, identifier tout ce qui n’était pas à sa place et jouer au Tetris dans les placards et sur les surfaces. Chez nous, c’est même devenu tellement facile de ranger que ma procrastination diminue. Youpi !

4. La vigilance est de mise

J’ajoute ce dernier point car je crois important, si on veut inscrire le minimalisme dans la durée, de rester vigilant à ce qui compose un éventuel désordre. Je reste attentive à ce que nous possédons : est ce que nous nous en servons toujours ? Est ce encore réellement apprécié ? Si la réponse est non, oust dans les plus brefs délais afin que le « vrai » bazar ne se réinstalle pas.

Je reste aussi attentive à ce qui entre chez nous : j’essaye d’évaluer combien de temps va nous servir une chose que l’on prévoit / souhaite acheter et je suis exigeante quant à la qualité afin de privilégier des matériaux plus sains et des finitions plus solides dans l’optique de rentabiliser les éventuels achats. D’ailleurs ces derniers sont de plus en plus espacés car à présent nous considérons un achat comme un investissement et laissons de côté le bas de gamme qui finit par revenir cher à la longue et prend du temps car il demande à être stocké le temps de s’en débarrasser et que l’on déniche de quoi le remplacer. Ces affaires en attente représentent une menace lorsque l’on tend à conserver un intérieur dégagé sans placard ou pièce de la honte où l’on fourre tout ce qu’on ne saurait ranger autre-part.

Pour conclure, le minimalisme est compatible avec le désordre à condition que celui-ci demeure parfaitement maîtrisé. Mieux vaut un peu de désordre que s’astreindre à des règles rigides de rangement que l’on a du mal à appliquer au quotidien (ou faire appliquer à son entourage) et qui risquent de nous dégoûter et nous mener au conflit.J’ai fait entrer le minimalisme dans ma vie en partie pour m’affranchir du matériel et le remettre à sa place : à mon service et à celui de ma famille, pas pour devenir grande prêtresse impitoyable du rangement figé et traquer celui qui laisse traîner un truc.

Je préfère aussi faire passer les personnes avant les choses :  je sais bien que le carton des couches aurait pu être jeté directement dans la poubelle de tri mais mes enfants s’amusent avec alors son heure attendra. Mais elle viendra, c’est une certitude !

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