Noël sans Père Noël ?

A mes yeux, Noël est une belle fête. Il y a une ambiance particulière à son approche : les gens semblent se fédérer l’espace de quelques semaines. Autour des caisses des magasins c’est indéniable : notre société de (sur)consommation faisant pression. Mais je parle surtout de l’envie palpable chez les uns et les autres de passer un bon moment en famille, qu’elle soit de sang ou de cœur. Il y en a pour qui cette effervescence est encore plus forte : les enfants ! En véritables éponges à émotions, ils sentent et absorbent la frénésie des adultes autour de cet évènement. Quand on parle de Noël à la maison, mon fils manifeste son envie de revoir les membres de notre famille qui habitent loin ou que l’on voit trop peu faute de temps. Il évoque aussi les cadeaux qu’il aimerait recevoir, ses yeux brillent d’envie et d’impatience : je trouve que c’est vraiment adorable. Et en parlant de cadeaux, je m’interroge sur le fait d’inciter mes enfants à se figurer que c’est le Père Noël qui les apporte ou non.

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  1. La (vraie) vie est belle !

Comme je le disais en intro, j’ai la sensation que l’ambiance générale à l’approche de Noël revêt un caractère vraiment particulier. J’ai le sentiment que la magie de Noël résulte de l’alchimie entre tout un tas d’éléments qui ont chacun de l’importance : un joli sapin (vrai, en plastique ou artistique peu importe) et quelques éléments de décoration à la maison et dans les rues aident à planter le décor. Lire des contes, regarder des films ou écouter des chansons de Noël permet de perpétuer certaines traditions que j’apprécie. J’affectionne aussi d’ouvrir les cases d’un calendrier de l’avent jour après jour jusqu’à ce que l’on se réunisse en famille autour d’un bon repas…  Tout cela est concret.

Partant de là le Père Noël me semble vraiment un élément noyé au milieu des autres  et je ne vois pas d’intérêt à chercher à le rendre réel aux yeux de mes enfants. Pourquoi vouloir intégrer de la « fausse » magie au milieu d’un évènement qui en contient déjà tellement. Et de la vraie de surcroit !

  1. L’innocence est précieuse

Les enfants sont innocents et sensibles (oui, même quand ils sont à deux doigts de nous rendre totalement dingues). Ils sont remplis de fraîcheur et nous font confiance, à nous leurs parents. De ce fait je crains de pervertir ces qualités. J’ai le sentiment que les inciter à croire au Père Noël pervertit cette innocence en crédulité. Quel adulte sain d’esprit aime qu’on lui mente et qu’on entretienne ce mensonge pendant plusieurs années ? Je crois que vous voyez là où je veux en venir. J’ai déjà lu et entendu comme argument que, pour les enfants, la croyance au Père Noël constituait un rite de passage leur permettant de comprendre et d’accepter que leurs parents sont imparfaits.

Je considère cet argument valable… Si on cherche à être parfait aux yeux de ses enfants et ce n’est pas mon cas.

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  1. Question de confiance

Autour de 4-5 ans, la plupart des enfants acquièrent la faculté de maquiller la réalité. Que ce soit pour la transformer d’une façon qui les arrange, pour garder un jardin secret ou se défendre contre une situation inconfortable : ils apprennent à mentir. Cette étape est normale et saine.

Si je ne m’abuse, le rôle d’un parent ou d’un éducateur est de canaliser cette faculté afin que sa pratique demeure socialement acceptable. Alors comment pourrai-je regarder mes enfants en face en les incitant à la vérité une fois qu’ils auront découvert la supercherie ? Serai-je encore crédible ? J’en doute.

  1. Le Père Noël, une clé de voûte?

Je suis persuadée que si certains enfants évoquent le Père Noël 100 fois par jour, c’est en raison des adultes qui en font des caisses à son sujet.

Aussi, nombreux sont les gens qui se plaignent de leurs enfants qui ne pensent qu’à leurs cadeaux une fois le pot aux roses découvert.Ne peut-on pas se demander si ces gens ne récoltent pas ce qu’ils ont semé en faisant du Père Noël et de sa gratitude la clé de voûte de Noël au lieu de mettre en avant les retrouvailles et les manifestations d’amour ?

J’ai peur que mes enfants n’éprouvent plus rien de magique à Noël une fois qu’ils auront découvert la vérité et qu’ils se raccrochent à ce qu’il leur restera de la magie qui entoure cette fête : les cadeaux. Quand on sait que la plupart des enfants élevés avec le Père Noël apprennent la vérité vers 6-7 ans, je crois que se retrouver dépouillé de magie à cet âge est franchement dur. Et je comprends que ces enfants éprouvent le besoin de se raccrocher aux branches !

Quelque chose me dit que les enfants qui sont élevés sans Père Noël grandissent avec des valeurs bien plus solides autour de cette si belle célébration et cette conception me séduit en ce qui concerne mes enfants.

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  1. Avoir raison ou être heureux

Vous l’aurez compris (ou alors je m’exprime très mal), je n’ai pas envie que mes enfants croient en l’existence du Père Noël. Ce n’est pas que je n’aime pas la légende, loin de là : j’aime chanter Petit Papa Noël, les livres qui parlent de lui, les décorations qui rappellent son univers et tout le tralala… Vraiment. Mais, au fond de moi, je me sens mal à l’aise à l’idée de duper mes enfants.

En revanche, il y a un paramètre et non des moindres que je me dois de prendre en considération : l’avis de mon mari. Si j’avais voulu être la seule à prendre ce genre de décisions, j’aurais fait des enfants toute seule.

Lui, tient farouchement à ce que nos enfants croient en l’existence du Père Noël. Je lui ai fait part de mon point de vue… Il semble vouloir camper sur ses positions. Il faut dire que tout joue en sa faveur : les traditions, la société, le marketing, notre entourage, ses propres souvenirs d’enfance…

Aussi j’ignore si je suis de taille à affronter ces différents paramètres et je ne le souhaite pas. Car je suis sûre d’une chose : Noël est LA fête de famille, c’est l’aspect majeur que ce jour revêt à mes yeux et je refuse de pousser le débat que nous menons en pointillés (car on a presque tout le temps les enfants avec nous) jusqu’au conflit. Bien sûr que je préfèrerais que mon mari me suive sur ce coup, dire le contraire serait hypocrite… Peut-être que l’un de nous à raison, peut-être avons tous les deux raison ou tort : peu importe. Je plaide avant tout pour l’harmonie familiale. Entre chercher qui a raison et que nous soyons tous les quatre heureux, j’ai choisi ce que je préfère : l’union et l’amour.

PS: mon mari a lu cet article avant sa publication et il semble sensible à mes arguments. Sa position semble vaciller un peu donc je ne vais plus lui parler de ce sujet et attendre que ça se décante pour voir si le Père Noël sera effectivement de la partie chez nous ou non.

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