Vendre, donner ou jeter : que faire du superflu ?

Lorsque l’on débute dans le minimalisme, faire du tri est la première étape concrète que l’on se lance tout azimut ou que l’on procède petit à petit. Plus tard, si toutefois on a envie d’aller voir ce que l’on peut trouver un peu plus loin sur cette voie, le tri finit par devenir naturellement une partie intégrante du quotidien. Que faire alors de ce dont on veut se délester ? Heureusement, il n’y a pas 36 solutions, il y en a juste trois : jeter, donner ou vendre ses affaires en trop. Je me suis demandée quelle est la meilleure option, voici le résultat de mon jus de cerveau (et de mon cheminement jusqu’à présent).

  1. Jeter

L’option la plus radicale, rapide et facile à mettre en œuvre. Cette option garantit à celui qui la choisit de voir de ses yeux le résultat de ses efforts le temps de quelques allers-retours à la déchetterie. C’est aussi une option confortable car elle nécessite très peu de réflexion face à un objet : soit on le garde, soit direction la benne.

Avant de m’orienter vers le minimalisme, j’ai connu une phase de réflexion ras le bol intense : je venais de mettre au monde mon deuxième enfant et j’aspirais à une vie plus qualitative, davantage tournée vers plus de plaisir pour ma famille et moi-même que vers le ménage et le rangement. J’ai alors lu le livre de Marie Kondo, La Magie du rangement, dans lequel elle préconise de jeter purement et simplement le superflu. Si ce livre m’a été d’une grande aide quand j’ai commencé à trier de manière effective, j’ai préféré jeter uniquement les objets totalement hors d’usage et ceci pour des raisons écologiques… et de partage : pourquoi gaspiller des ressources naturelles précieuses pour recycler ou charger la planète de « digérer » quelque chose en bon état et qui pourrait convenir à quelqu’un d’autre ?

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  1. Vendre

Lorsque l’on trie ses affaires, on peut ressentir un pincement au cœur pensant au prix auquel on a acquis telle ou telle chose et hésiter, voire renoncer à s’en séparer si on n’en tire aucun profit financier.

D’autant qu’aujourd’hui, il semble aisé de vendre un objet d’occasion. Que ce soit via des groupes sur Facebook, des sites internet généralistes comme leboncoin.fr et eBay ou des sites spécialisés comme momox.fr pour les livres ou patatam.com pour les vêtements d’enfants. Autant de possibilités qui s’ajoutent aux brocantes et autres petites annonces traditionnelles.

Concrètement, il est bon de garder en tête qu’un objet d’occasion même revendu dans un état neuf et dans son emballage d’origine perd facilement 70% de sa valeur initiale (sauf objet de collection ou à forte demande comme un smartphone dernier cri, auquel cas il s’agit d’un marché bien spécifique). Partant de là, il y a fort à parier que vous ne pourrez prétendre vendre la majorité de ce dont vous souhaitez vous débarrasser au-delà de quelques euros.

Si on ajoute à cela le temps passé à calculer un prix de vente pour chaque objet, à publier une annonce (ou participer à une brocante) et stocker les affaires en question le temps qu’elles soient vendues au risque qu’elles retournent encombrer votre intérieur (et votre esprit). Si votre esprit commence à bourdonner en vous imaginant choisir principalement cette option, je vous comprends ! En ce qui me concerne je trouve que cette option est trop fastidieuse et incertaine juste pour tenter de grappiller quelques sous.

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Ça ressemble à du snobisme mais c’est du pragmatisme : oui, les objets que vous ne voulez plus ont couté de l’argent que ce soit à vous-même ou à la personne qui vous les a offerts s’il s’agit de cadeaux. Mais s’ils ne sont plus en phase avec la personne que vous êtes aujourd’hui ou s’ils ne vous ont jamais convenu, laissez de côté cet aspect qui appartient au passé et tournez-vous vers l’avenir car si de l’argent a été dépensé/gaspillé ce n’est pas aujourd’hui ou vous vous demandez quoi faire de ces objets encombrants, c’est uniquement au moment de l’achat de ces objets.

A part en cas de réelle nécessité financière, je pense que chercher à vendre absolument risque de plomber un cheminement efficace et progressif dans le minimalisme.

Pour ma part, je n’ai rien vendu jusqu’à présent mais je garde cette option en tête pour les objets dont je sais que je pourrais récupérer un pécule substantiel (gros électroménager, voiture).

  1. Donner

Nous voilà déjà à la 3ème et dernière option qui peut sembler aussi laborieuse que la précédente au premier abord car on peut se demander à qui est ce qu’on va donner nos affaires. Je suis passée par-là moi aussi !

Si quelqu’un qui souhaite se lancer dans le minimalisme me demandait mon avis, je lui conseillerais de se renseigner sur les différents organismes à proximité de son domicile où apporter ses dons. Il peut s’agir très simplement d’une benne de La Ressourcerie en libre accès à la déchetterie, de grosses ONG généralistes comme le Secours Populaire, Emmaüs ou d’entités plus spécifiques. Par exemple pour :

  • Les livres et magazines : pensez aux médiathèques (valable pour les CD et DVD aussi), aux salles d’attentes de médecins ou autre, aux boîtes à livres.
  • Les jeux et jouets : allez voir du côté des crèches, des ludothèques, des services de pédiatrie, des lieux d’accueil parents-enfants ou même dans un magasin La Grande Récré (à partir de mi-octobre, la chaîne accueille les dons de jouets et les distribue à des enfants défavorisés pour Noël et ce depuis 20 ans).
  • Les vêtements adultes et enfants : peut-être qu’il y a une friperie solidaire à quelques pâtés de maisons de chez vous ou un conteneur Le Relais.

Se renseigner via un moteur de recherche ou sur le site internet de sa mairie peut fournir des adresses : ça prend juste 5 minutes.

Vu comme ça, on pourrait se dire que cela revient à se disperser et trouver que donner est trop fastidieux mais si on sait où donner avant de commencer à trier, c’est hyper simple et rapide. Et les résultats sont tangibles rapidement surtout quand on débute et qu’on tâtonne car, comme si on choisissait de jeter, on voit notre intérieur se métamorphoser et respirer quasi-instantanément.

C’est l’option que je préfère car je la trouve vraiment gratifiante. Au-delà de ne pas stocker d’affaires en croisant les doigts pour les vendre un jour ni gaspiller des ressources naturelles, d’un point de vue de donneuse, je suis contente de pouvoir faire profiter quelqu’un d’autre d’affaires en bon état, surtout dans le cas de personnes dans le besoin. Et bien que non-croyante, j’imagine qu’un don est reçu comme une véritable bénédiction par la personne qui en bénéficie.

J’ai à cœur de faire dons uniquement d’affaires en en bon état car je tiens compte de la dignité de la personne susceptible de recevoir mon don.

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Recycler est mon second choix quand une chose est en trop mauvais état pour être donnée et que les matériaux qui la composent sont recyclables. Enfin, je réserve la vente à de très rares exceptions afin de profiter le plus rapidement possible des résultats après mes moments de tri tout en évitant de courir de risque de voir les éventuels objets concernés revenir encombrer mon chez moi.

Aujourd’hui, mon gros tri est achevé et je garde en permanence deux grosses caisses dans un placard : une pour la déchetterie et une pour les affaires à donner. Lorsqu’elles sont pleines, je fais ma petite tournée pour me débarrasser de leur contenu. Je constate qu’avec le temps ces caisses se remplissent de plus en plus lentement. Peut-être que c’est le signe d’un équilibre trouvé entre ce qui entre chez moi et ce qui en sort. A suivre !

 

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