Quand je ne suis pas aussi bienveillante que je le désire…

J’adhère aux valeurs de la discipline positive, de la bienveillance éducative et je n’hésite pas à me remettre en question dans le but de de vivre une relation la plus harmonieuse possible avec mes enfants. Mais parfois j’ai l’impression que la situation m’échappe et mes grands principes vacillent : mon regard et ma voix se durcissent, mes gestes deviennent brusques et là, je me sens mal. Bonjour culpabilité et sentiment d’échec .Et je ne parle même pas de ma peur de voir s’émousser la confiance que mes enfants m’accordent.

Nous avons tous reçu une « certaine » éducation, vécu une « certaine » enfance mais, qu’elles aient été épanouissantes ou non, tout cela appartient au passé. A notre passé, alors qu’il ne devienne pas celui de nos enfants. Si comme moi vous avez fait le choix de la bienveillance dans votre rapport à vos enfants, j’imagine que vous serez d’accord avec moi pour dire qu’il est parfois difficile de bâtir une relation paisible et harmonieuse. Voici ce j’ai choisi de faire pour que tout cela se passe au mieux pour tout le monde son mon toit :

  1. Commencer par accorder de la bienveillance… à moi-même !

Un des fondements de la bienveillance éducative est d’être à l’écoute des besoins de ses enfants. Et nos propres besoins, qu’en fait-on ? En lisant le livre Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), de Marshall B. Rosenberg, j’ai réalisé que je ne prenais jamais le temps de mettre des mots sur mes besoins dans les moments d’énervements et que j’agressais le symptôme au lieu de m’attaquer au microbe.

Par exemple : il m’est arrivé de me fâcher contre mon fils car il mettait trop de temps à enfiler ses chaussures avant de sortir. Avant de lire ce livre, sa lenteur était à mes yeux le déclencheur et la cause de ma colère en même temps. Quelques temps plus tard, la même scène s’est répétée et en repensant à ce que j’avais lu, j’ai compris (et admis) que ce n’était pas le comportement de mon petit garçon qui m’énervait mais plutôt la crainte d’arriver en retard à mon rendez-vous, voire de le louper totalement. Mon besoin était d’arriver à l’heure et j’ai (enfin) compris que dorénavant la meilleure chose à faire était de m’y prendre un peu plus tôt pour demander à Jules de se préparer à sortir afin d’être tous les deux sereins.

Ça peut avoir l’air tout bête mais j’ai mesuré l’importance d’apprendre à mettre des mots sur mes besoins et de bien les distinguer des déclencheurs d’énervement. Dans une société où l’on est éduqué à préférer masquer ses émotions désagréables plutôt qu’à les accueillir avec compassion, identifier ses besoins prend parfois un peu de temps, peut nécessiter un véritable apprentissage mais est à 100% bénéfique. A nous et à notre entourage.

Je ne suis pas parfaite et je ne cherche plus à l’être : je l’accepte. Non comme une fatalité mais comme une opportunité de m’améliorer si j’en ai envie.  J’ai conscience que j’ai des progrès à faire pour rendre ma façon de communiquer plus bienveillante et j’en ai la volonté. Dans ma démarche, je trouve une aide concrète à me replonger régulièrement dans ce livre.

Les-mots-sont-des-fenetres

  1. Adopter une culpabilité constructive

De mes échanges avec d’autres parents, il ressort souvent que l’on ressent de la culpabilité après qu’on ait estimé avoir mal « géré » une crise. Après avoir constaté les dégâts, il y a 3 options qui semblent ressortir :

  • On peut considérer qu’après tout nous sommes les adultes et que nos enfants n’ont qu’à pas nous chercher ;
  • Sinon on passe à autre chose et tentons de faire oublier le mauvais moment à notre enfant en « achetant » son pardon, en détournant son attention, en lui autorisant momentanément de braver un interdit, en lui offrant une sucrerie ou par n’importe quel autre stratagème tant qu’on lui redonne le sourire… et qu’on se persuade qu’il a tout oublié;
  • Ou alors on fait face à nos failles et on admet nos torts de manière à transformer l’échec (ou son sentiment) en quelque chose de profondément plus positif pour nous-même et pour nos enfants qu’un sourire jaune.

Pour ma part, bien qu’elle demande plus d’efforts, je choisis la 3ème option : dès que la tension est revenue à un niveau acceptable et après que j’ai identifié mes besoins entrés en compétition avec ceux de mes enfants au moment de la crise, je m’explique auprès d’eux en mettant en avant mon entière responsabilité dans la manifestation de mes émotions qui a rejailli sur eux. Les enfants sont de véritables éponges émotionnelles et plus ils sont petits, plus la façon dont ils perçoivent les nôtres influe sur leur état émotionnel.

Il me semble aussi que l’exemple vaut mieux qu’un long discours, surtout auprès d’enfants qui auront tôt fait de relâcher leur écoute. C’est pourquoi, j’effectue un travail sur ma façon de (di)gérer mes propres émotions au lieu d’assener des « calme-toi ! » qui ne font que jeter de l’huile sur le feu. Si vous êtes persuadé que de ce genre de phrases est efficace, imaginez que vous êtes très énervé et que quelqu’un vous ordonne de vous calmer… Alors convaincus ?

Dans mon cheminement, je veille à m’approprier pleinement deux petits trucs post-crise qui m’aident à me sentir mieux et j’espère parvenir à les transmettre à mes enfants afin qu’ils sortent grandis et rassérénés des crises qu’ils seront amenés à vivre et ce, dès leur plus jeune âge:

  • Analyser ce qui s’est produit en soi pendant une tempête émotionnelle (besoins insatisfaits, émotions ressenties) : dès la naissance, il est bénéfique de mettre des mots sur ce que l’on perçoit des émotions d’un bébé afin qu’il apprenne à les identifier, lui expliquer qu’avec le temps il les ressentira de manière plus apaisée car c’est en grandissant qu’il va lui aussi parvenir à réguler ses émois. Cela permet d’accompagner avec bienveillance l’enfant dans son acquisition de capacités cognitives et plus précisément dans la maturation de son cortex orbito-frontal. Un développement harmonieux de cette partie du cerveau amène à une meilleure régulation de l’intensité des émotions tout en étant en partie responsable de la construction de bonnes relations sociales.
  • Reconnaître ses torts et les assumer en cherchant une alternative à une manifestation regrettable de nos sentiments car nous sommes responsables de nos émotions et de notre manière de les exprimer : toutes les émotions sont acceptables mais pas tous les comportements. Entre 5 et 7 ans, le cerveau connaît un bouleversement neuronal qui va permettre au cortex orbito-frontal de jouer pleinement son rôle de régulateur. Avant cet âge, un enfant n’a tout simplement pas la capacité de maîtriser ses émotions mais son cerveau enregistre toutes les expériences qu’il vit, ses interactions avec les adultes et ce dont il est témoin. C’est pourquoi, assumer nos réactions face à lui revient à lui montrer la marche qu’il pourra suivre de lui-même lorsqu’il en sera capable. En attendant, il est possible de l’orienter. Par exemple : dire à un enfant qui tape quand il est en colère de le faire sur un coussin ou le canapé plutôt que sur une personne ;

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  1. Ma boîte à outils

Avec le temps et une bonne dose d’introspection, j’ai mis au point une boîte à outils sur mesure pour éviter de me retrouver sur une voie que je n’ai pas choisie dans ma relation avec mes enfants. J’ai jeté un œil à l’influence de mes hormones, à mon hygiène de vie, à mon organisation au quotidien, aux évènements qui se produisent autour de moi et à leur incidence sur mon état émotionnel etc. J’ai clairement identifié quelques trucs extérieurs qui m’aident à réguler mes émotions (ou à ne pas ma laisser envahir par elles) et donc à me montrer plus douce dans ma communication avec mon entourage :

  • Je suis plus irritable quelques jours avant le « Débarquement » (syndrome prémenstruel) aussi j’avale 2 ou 3 infusion de sauge par jour à ce moment-là et je parviens plus facilement à gérer mes émotions.
  • Huile essentielle de lavande vraie : en dehors de ces périodes délicates, si je me sens stressée et donc plus sujette à me laisser submerger, je masse mon plexus avec 2 gouttes de cette huile bonne à tout et la pression baisse.
  • Je fais attention à mon assiette. Pas trop en ce qui concerne les calories mais plus à leur nature : je veille à manger peu sucré et privilégie les sucres les moins transformés. Il est connu que le sucre a un impact sur la nervosité et l’irritabilité des enfants et c’est aussi vrai chez les adultes…
  • Je ne regarde plus les actualités à la télévision. Je préfère me tenir informée via les réseaux sociaux (comptes officiels des journaux qui m’intéressent) et décider pleinement du moment où je reçois les informations. Par exemple : je sais que si je vais sur Twitter, je m’expose à apprendre certaines choses donc je choisis mon moment pour y aller en fonction de mon humeur. Et quels que soient les tweets, je choisis ou non de cliquer dessus pour en savoir davantage. C’est ma façon de me préserver d’une certaine anxiété relative à la tournure que prend le monde qui m’est apparue depuis que j’ai des enfants.

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Il est fort probable que ces outils-là ne soient d’aucune utilité à quelqu’un d’autre mais c’est surtout pour montrer qu’il est possible de trouver des coups de pouces extérieurs pour rester sur la voie de la bienveillance et de l’écoute quand la simple volonté ne suffit pas à nous faire atteindre nos objectifs.

Ceci étant dit, nos enfants sentent quand nous avons la volonté de bien faire alors soyons indulgents avec nous-mêmes, et ayons confiance en leur capacité à se relever de moments difficiles. Laissons de côté une quête vaine de perfection pour nous concentrer sur davantage d’harmonie : des hauts  et des bas, la vie quoi !

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