Comment et pourquoi nous devenons minimalistes ? (2ème partie)

Aujourd’hui je vais vous parler d’une étape majeure en ce qui concerne notre avancée dans le minimalisme : le tri des jouets. Ayant tout gardé depuis la naissance de Jules (mai 2015), j’en avais dans presque tous mes placards ! Dans le coffre à jouets de ma fille se trouvaient ceux que je gardais pour elle en attendant qu’elle soit en âge d’y jouer, dans le placard de l’entrée, ceux qui n’intéressaient plus du tout mon fils et quelques abîmés que je m’étais promis de réparer mais auxquels je n’ai jamais touché. Et dans un dernier placard étaient rangés les jouets à faire tourner car j’ai tenté de mettre en place une rotation de ses jouets : je lui en laissais quelques-uns à disposition, en plus de ses fétiches du moment, et je les changeais quand je constatais une certaine lassitude de sa part. Il était tout content de retrouver ceux qu’il n’avait pas vu depuis quelques temps et qu’il ne regardait même plus, d’ailleurs, avant que j’établisse ce roulement mais j’ai vite abandonné car bien que séduisant au début, j’ai vite trouvé ce système trop contraignant pour moi.

Cette lassitude chronique que mon petit garçon manifestait envers ses affaires m’a mis la puce à l’oreille : comment pouvait-il s’ennuyer alors qu’il possédait autant ? La réponse est, il possédait trop. Il n’arrivait pas à profiter pleinement d’un jouet car son regard était sans cesse attiré par une foule d’autres spécimens. Mon mari craignait qu’en réduisant  le volume de ce fatras, Jules ne s’ennuie ou ne soit tenté de faire des « bêtises » (je n’aime pas ce terme). Ce doute m’a gagnée moi aussi mais j’en avais trop marre de ranger et quitte à tenter quelque chose pour me sentir mieux, je ne voyais que cette option.

  1. Comment est-ce que j’ai procédé ?

J’ai tenu à effectuer cette opération dans le calme, c’est pourquoi j’ai mandaté mon mari pour qu’il occupe notre fils en dehors de chez nous  pendant que je procédais au tri.

Je me suis inspirée de la méthode Konmari et j’ai rassemblé tous les jeux et jouets ainsi que les livres pour enfants au milieu du salon avant de commencer, excepté la petite caisse de dinette car ç’aurait été inutile vu qu’elle a déjà une place bien définie et que Jules y joue beaucoup.

tous les jouets

Je  me suis munie de 4 grands sacs pour répartir les affaires en 4 lots :

  • A donner : les trucs qui me cassaient trop les oreilles, les doublons ou apparentés (cubes ou gobelets gigognes ? J’ai gardé les cubes car Jules les préférait), ce qui n’intéressait plus mon bonhomme et que je n’avais pas envie de garder pour ma fille, mais uniquement en bon voire en très bon état  car j’ai à cœur la dignité des gens susceptibles de recevoir ce je donne ;
  • A jeter : les abîmés, les incomplets et ceux que je voulais réparer mais auxquels je n’ai jamais touché finalement ;
  • A garder pour Jules : ses fétiches et ceux adaptés à son âge ; (finalement ce lot-là s’est retrouvé sur le tapis au lieu d’être mis dans un sac)
  •  A garder pour Joséphine : uniquement mes coups de cœur en parfait état car je ne souhaite pas lui refiler les vieux machins mâchouillés de son frère. Je considère que les cadets n’ont pas être les poubelles de leurs aînés.

sacs vides

La perspective de me séparer de certaines choses m’a donné un petit pincement au cœur parce que je les trouvais trop mignonnes ou que j’aurais adoré jouer avec quand j’étais petite. Mais quand je me suis retrouvé face à ces objets, je me suis souvenue des raisons de ce tri et j’ai réalisé que je le faisais également pour le bien-être de Jules, aussi si ces jouets / livres ne l’intéressaient pas, je n’avais plus aucune raison valable de les garder et j’ai réussi à m’en séparer le cœur léger.

  1. Ce que j’ai fait des lots après le tri :

Étant adepte de la procrastination en voie de guérison, je me suis surprise moi-même à ranger immédiatement  le lot destiné à ma fille dans une boîte destinée à cet effet hors de la vue et de la portée de mon fils (sinon il les aurait tous déballés ne serait-ce que par principe).

Je me suis engagée (et j’ai tenu cet engagement) à ce que les lots « à donner » et « à jeter » ne passeraient pas 24h chez nous une fois le tri effectué. J’ai la chance d’avoir une voisine bénévole au Secours Populaire à qui je peux confier ce que je souhaite donner donc pour les affaires concernées, je n’ai même pas eu à me déplacer. Du moins, pour les affaires légères et peu encombrantes. Pour le reste, comme un tricycle, je l’ai apporté moi-même de même qu’une énorme valise de livres et de DVD qui ne m’intéressaient plus et qui étaient trop anciens pour être acceptés par la médiathèque près de chez nous (ce critère peut varier selon les médiathèques, si vous souhaitez faire un don à l’une d’entre elles, renseignez-vous d’abord).

sacs remplis

Si vous vous demandez pourquoi est ce que j’ai donné toutes ces affaires en si bon état au lieu de les vendre ou de les jeter, en voici les raisons:

  • Je souhaitais profiter immédiatement des fruits de l’effort accompli : stocker ces objets avant qu’ils ne soient vendues pour gratter 5 euros ne justifiait pas cet effort supplémentaire à mes yeux.
  • Elles étaient en bon état et pouvaient faire le bonheur d’une autre famille. Je trouve cette idée gratifiante.
  • Les jeter aurait généré de la pollution facilement évitable et ma fibre écolo a vibré à cette perspective.

Et j’ai terminé en rangeant ce qui a survécu au tri : la plupart des jouets sont dans le salon  et dans la chambre de Jules ne restent que la dinette, une planche à clous et une boîte de perles. J’ai adopté le rangement vertical des boîtes : beaucoup plus facile à prendre / ranger pour des petites mains.

Et ce qui était bon pour la poubelle… Bah à la poubelle, tout simplement ! J’ai juste pris le temps de trier pour voir ce qui pouvait être recyclé.

  1. Et les enfants dans tout ça ?

Jules a effectivement remarqué que son espace de jeu était plus vide que d’habitude mais comme j’ai pris soin de trier en prenant avant tout en compte ses goûts à lui, il n’a pas cherché plus loin sauf pour l’aspirateur jaune : celui-là, je ne saurais que vous conseiller d’en offrir à un enfant dont vous détestez les parents tellement il est bruyant (plus qu’un vrai donc je préfère largement que Jules joue avec le nôtre et élimine un peu de poussière au passage).

Maintenant, lorsqu’il utilise quelque chose, il reste apaisé et concentré. Aussi je constate que posséder moins a boosté son imagination et sa créativité : je crois que ce tri lui a été bénéfique et comme son espace de jeu est plus aéré, cela l’encourage à ranger (ou nous)… en 5 min chrono quand tout est sorti !

Quant à ma fille (8 mois et demi), les jouets soi-disant de son âge ne l’intéressent pas. Elle préfère manipuler les affaires de son frère et les objets du quotidien. Je vais tout de même lui proposer ce que j’ai mis de côté pour elle au fur et à mesure mais en prenant le temps de le faire correctement (un à la fois, loin des autres jouets et au calme)

  1. Comment je compte procéder pour qu’on ne soit pas à nouveau envahis ?

Comme je l’ai avoué plus haut, je suis adepte de la procrastination (et donc un peu bordélique) mais je me soigne. C’est pourquoi j’ai décidé d’instaurer les règles suivantes :

  • Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place quand on ne l’utilise pas.
  • Un jeu / jouet qui entre = un qui sort sauf si très différent de ce qu’on a chez nous.
  • Trop « bébé » ? On donne, on jette ou on met dans la boîte souvenir*. Tout de suite.
  • Des pièces qui manquent ? Une cassure ? Soit on répare dans la journée, soit poubelle !
  • Les trucs casse-pieds resteront chez les personnes qui nous les offriront, ça va les calmer.

*(la boîte souvenir est une caisse de 60 L dans laquelle je garde quelques objets souvenirs de la petite enfance de mes enfants : les couvertures que je leurs ai cousues, quelques vêtements fétiches, une tétine etc. On peut souhaiter s’alléger matériellement mais rester sentimentale et prendre le parti de garder quelques babioles par pure affection et ce indéfiniment. C’est du minimalisme pas du masochisme).

Dans la pratique, je pense que la dernière règle ne sera applicable que chez les grands-parents et les arrières grands-parents que nous fréquentons souvent. Quant aux cadeaux offerts par d’autres personnes, bien que nous soyons sincèrement touchés par l’affection qu’ils manifestent à l’égard de  nos enfants en leur offrant quelque chose, nous ne le leur dirons pas mais ce sera sûrement donné sauf si nos enfants ont un coup de cœur, auquel cas nous attendrons qu’ils s’en désintéressent avant de nous en débarrasser.

La gestion des personnes qui aiment offrir des cadeaux matériels pour prouver leur affection va nous demander un peu de pédagogie et de patience mais je suis sûre que c’est possible, à certaines conditions :

  • Échanger le plus possible sur les changements qu’on aimerait voir apparaître dans nos vies ;
  • Lâcher du lest et accepter de bon cœur les cadeaux offerts, histoire de privilégier les bonnes relations qui à mon sens sont plus importantes que la gestion de quelques objets ;
  • Insister (lourdement si nécessaire) sur la durabilité des souvenirs générés par un moment de qualité partagé par rapport à fugacité de l’intérêt porté envers un gadget ;
  • Faire du temps notre meilleur allié et en accorder à nos proches pour qu’ils puissent eux-mêmes juger de notre bien-être ;
  • Donner l’exemple en privilégiant soi-même d’offrir des cadeaux immatériels ou à durée de vie délibérément limitée (livre de coloriage par exemple) lorsque les présents sont de circonstances.

Quelques semaines après ce tri, en plus d’observer les bienfaits de ce tri sur mes enfants, j’ai constate que j’ai gagné en sérénité car je ne suis plus agacée et découragée à la perspective de ranger ce qu’utilisent mes enfants et j’envisage de réduire encore un peu les jouets (cf. les nouvelles règles)

Et chez vous alors, est ce que vous parvenez à maîtriser le nombre de jouets ? Comment ça se passe ? J’ai envie de savoir et ça restera entre nous, promis ! 😉

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