Comment et pourquoi nous devenons minimalistes (1 ère partie)

Suite à la naissance de ma fille (2ème bébé), j’ai commencé à me sentir harassée par le rangement et le nettoyage quotidiens, bien trop chronophages à mon goût. Je souhaitais une vie plus qualitative au quotidien. Aussi, j’ai remarqué que certains objets étaient chez nous par habitude, pour occuper un espace de rangement, par culpabilité (de se débarrasser d’un cadeau par exemple), par peur d’oublier le souvenir relatif à tel ou tel objet. Ces petites remarques que je me faisais à moi-même, ces petits riens ont commencé à vraiment me rendre mal à l’aise : j’ai fini par me sentir encombrée de tout ce matériel accumulé au fil des années. « Bah, range mieux ou fais du tri ! » me direz-vous. Oui mais du tri j’en avais déjà fait lors de mes/nos déménagements ou des nettoyages de printemps et l’effet de la bouffée d’air inspirée par la suite s’estompait très rapidement. Trop rapidement. Il fallait « en finir » et repartir sur des bases durables pour une fois.

  1. Avant le grand Tri :

Alors que j’oscillais entre découragement, étouffement, et insatisfaction j’ai réalisé qu’un énième tri ne suffirait pas : ce dont j’avais besoin c’était d’une remise en question globale de notre gestion du ménage et du rangement. Une réflexion en entraînant une autre, nous avons aussi réfléchi à notre façon de consommer… Comme je n’ai pas la science infuse, j’ai farfouillé ci et là sur le net à la recherche de conseils pour me simplifier la vie radicalement et deux noms revenaient systématiquement : Marie Kondo et Dominique Loreau, faisant respectivement figures  de papesses du rangement et du minimalisme. Entre nous, je vais vous faire un aveu mais ça reste entre nous, ok ? Avant, lorsque j’entendais ou lisais « minimalisme », je me représentais un intérieur vide, froid et impersonnel habité par des ermites aigris et « anti-tout » : pas question pour ma famille et moi d’adopter ce mode de vie.

Enrichie des enseignements tirés de leurs ouvrages (La Magie du Rangement de M. Kondo et L’Art de la simplicité de D. Loreau), j’ai entamé le Tri de ma vie (il mérite un majuscule, tu peux me croire, lecteur !): j’ai commencé par les vêtements, puis les CDs et DVDs, j’ai enchaîné avec les papiers, les jouets des enfants, les produits ménagers, le Komono (vous voyez ces babioles au fond des tiroirs fourre-tout et autres ? Ce sont eux dont je parle. Merci qui ? Merci Konmari !). Quand je pense à tout ce que j’ai donné et jeté, je me demande comment tout ça faisait pour tenir chez nous ! D’énormes valises de livres, des caisses en veux-tu en voilà de fringues, de  jouets, d’ustensiles de cuisines, de cosmétiques et j’en passe. Je trouve ça dingue !

Marie Kondo, préconise de trier tous (et absolument tous) les items d’une catégorie en une seule fois. C’est-à-dire que lorsqu’on s’attaque aux vêtements, on rassemble tous ceux qui se trouvent chez soi dans une pièce et on trie. On se retrouve avec deux tas : les pièces qu’on aime du fond du cœur, donc à garder, et les autres. Pour elles, pas de pitié : POU-BELLE ! Et on procède de la sorte pour chaque catégorie. Sur le papier j’ai adhéré mais en pratique, d’une part j’ai préféré trier d’abord mes affaires puis celles des enfants et mon mari a trié les siennes sur plusieurs semaines. En ayant 2 enfants en bas âge à plein temps, je ne voyais pas comment procéder autrement. D’autre part, j’ai jeté uniquement ce qui était abimé et j’ai largement préféré donner le reste à différents organismes : Secours Populaire, médiathèque et conteneur Le Relais à la déchetterie.

Dominique Loreau invite ses lecteurs à observer les bonzes : leurs possessions personnelles tiennent dans un minuscule baluchon mais ils vivent dans des temples ornés de statues d’or, de laques et de bois précieux. Lire son livre m’a ouvert les yeux sur les bénéfices financiers et émotionnels à retirer de s’entourer de peu d’objets personnels (vêtements, cosmétiques, accessoires etc.) et d’objets usuels (meubles, vaisselle etc.), de miser sur l’intemporel mais surtout elle insiste sur le fait de se montrer exigeant quant à la qualité de ses affaires. Exit la médiocrité, le bon marché qui revient cher, les fautes de goût et bienvenue aux belles matières naturelles, au confort, aux produits qui durent, durent, durent tout en conservant un bel aspect. Avant de lire son livre, j’avais déjà adopté la cosmétique naturelle et limité le maquillage au plus simple et efficace donc sur ce point, j’étais déjà au diapason. Aussi, j’essayais d’acheter des vêtements de meilleure qualité quitte à économiser quelques temps au lieu de me ruer sur la fast-fashion.

  1. Pendant le Tri :

Plus je vidais mes placards, plus je me sentais légère et plus mon intérieur me plaisait car à présent, à chaque fois que je pose mon regard quelque part, je vois des choses que j’aime vraiment ou qui me sont vraiment utiles (je trouve mon aspirateur et mes éponges très utiles, ce n’est pas pour autant que je les aime d’amour si voyez ce que je veux dire).

Entre deux sacs poubelles j’ai aussi lu Zéro Déchet de Béa Johnson. Plus par curiosité, car je me demandais à quoi pouvais bien ressembler la vie d’une famille de 4 qui n’a même pas une poubelle à jeter par an là où nous notre famille en balançait deux de 50L par semaine… Bref, passons sur ce point, lire ce livre a apporté un second souffle à mon tri en m’apportant quelques alternatives que j’ai trouvé facile d’adopter. Par exemple, j’ai cessé d’utiliser les cotons à démaquiller : je décolle le maquillage à l’huile et j’élimine le tout avec du savon sous ma douche.

J’admets avoir ressenti un peu de doute en constatant le vide s’installer dans nos placards, initialement bien remplis. Je me suis demandée si je faisais le bon choix, si je n’étais pas trop impulsive et si je ne risquais pas d’en payer le prix (financier et émotionnel) en devant racheter ou regretter ce dont je m’étais séparée.

Il y a eu aussi une conversation avec mon mari qui m’a fait réfléchir sur la valeur financière de ce dont je me débarrassais et pris pleinement conscience de quelque chose que j’ai lu ailleurs : l’argent n’est pas gaspillé au moment où l’on se débarrasse d’un objet, il l’est au moment où on l’achète.

  1. Après le Tri :

Aujourd’hui, 6 mois après le début de cette expérience je considère que mon tri principal est enfin terminé et qu’il ne reste plus que de l’entretien. C’est-à-dire, admettre que lorsque quelque chose ne me convient plus, la meilleure option est de m’en débarrasser et rester attentive à ce qui entre chez nous. C’est ce point que je trouve le plus difficile à travailler pour l’instant car la tentation est partout, il faut bien le reconnaître mais je me sens satisfaite de me sentir de plus en plus détachée par la consommation. Avant, lorsque je voulais prendre l’air, j’allais dans les rues commerçantes. Aujourd’hui je vais dans un parc ou me promener le long de la Saône.

Quant à mes doutes à propos d’éventuels rachats, et bien rien de ce que j’ai éliminé ne me manque je n’ai pas eu à me racheter une seule de ces affaires. Si jamais ça devait arriver, il n’y aurait pas mort d’homme, j’essayerais d’en retirer une leçon et puis c’est tout. On a tous le droit à l’erreur et s’accorder un peu d’auto-bienveillance ne peut être que bénéfique.

A de rares occasions il m’arrive de détourner ce que j’ai décidé de garder pour parvenir à mes fins. Par exemple, je possédais certains ustensiles de cuisine alors que je ne m’en servais même pas une fois par an. Le cas qui me vient tout de suite en tête: le grille-pain. Je l’ai donné et la dernière fois que j’ai eu envie de tartine chaude j’ai utilisé ma poêle, tout simplement. Je ne me souviens pas à quand remonte la fois précédente où j’en ai eu envie…

Le détournement fonctionne aussi très bien avec les vêtements. Il existe pléthore de tutos sur la toile pour apprendre à twister le port d’une chemise d’homme mais ça fonctionne avec d’autres vêtements : une robe longue noire en jersey toute simple peut se porter telle quelle ou en version courte en utilisant d’une ceinture. De la même manière il est possible de la transformer en jupe courte ou longue une fois associée à un haut en matière structurée ou un pull pour que le haut de la robe soit invisible. Je trouve amusant de tester ce genre de chose, à croire que le minimalisme a provoqué comme effet secondaire chez moi un peu plus d’audace et de créativité.

  1. Où en suis-je dans mon cheminement ?

Si je ne suis pas encore prête pour la ceinture noire du minimalisme, j’ai tout de même réalisé quelques petites choses :

  • Le minimalisme est pluriel. Mon minimum pour être heureuse n’est pas celui de mon voisin et vice versa.
  • Il s’agit d’une démarche à long terme, d’où le mot « devenons » dans le titre de l’article alors que j’aurais pu écrire « sommes ».
  • Ce cheminement fait évoluer mon rapport à la possession, au matériel.
  • Avant de décider de garder, d’acheter ou d’accepter que l’on m’offre quelque chose, je prends le temps  d’évaluer le ratio bénéfices vs inconvénients qui se cache derrière l’objet. Par exemple : il n’est pas vilain ce bibelot, il me rappelle tel moment ou telle personne mais il faut prendre le temps de le nettoyer, le déplacer pour nettoyer le meuble sur lequel il se trouve et en plus il est fragile et nécessite l’achat d’un produit d’entretien spécial etc. Est-ce que ce bibelot vaut vraiment la peine d’être gardé / acheté / accepté ? Refuser est souvent délicat aussi cette compétence mérite un article dédié donc j’y reviendrai sûrement dans un autre post.
  • Je suis plus honnête envers moi-même : j’admets que je ne porterai plus telle robe car ma silhouette a changé même ce n’est pas toujours agréable…
  • Je commence à percevoir des bénéfices. Le temps que je passe avec mes enfants est plus qualitatif car j‘ai moins la tête ailleurs à vouloir solutionner des questions d’intendance : je suis plus présente pour eux psychologiquement parlant. J’ai aussi plus de temps pour mon couple et pour moi toute seule. Et mine de rien, mes fins de mois sont beaucoup plus cool qu’avant d’un point de vue financier.
  • J’ai eu envie de changement dans ma vie et mon mari m’a suivie sur ce coup (ouf !). Nos enfants étant encore petits, il n’y a pas eu de changements majeurs dans leur vie. En revanche, il nous faire parfois faire preuve de pédagogie quant à notre nouvelle vie toute neuve vis-à-vis de nos proches l’objectif n’étant pas d’entrer en conflit avec eux mais de mieux vivre.

P.S: l’image de couverture ne représente pas notre chez nous mais c’est le genre d’intérieur qui m’inspire.

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